| Rencontre
- Littérature française
Philippe
Besson: autopsie de nos ruptures
L'écrivain
français Philippe Besson semble totalement chez lui,
attablé en cet après-midi d'hiver dans la lumière
dorée d'Olive et Gourmando, petit café branché
du Vieux-Montréal.
Comme
s'il avait toujours fait partie du paysage.
Il
faut dire que Philippe Besson est un voyageur invétéré.
En
entrevue avec Radio-Canada.ca, il explique que, depuis toujours,
il recherche cet ailleurs, ce dépaysement en des lieux,
des cafés surtout, dans lesquels il finit, étrangement,
par se sentir chez lui et par trouver ses repères,
ainsi que son inspiration.
Les
lignes fondatrices
Il
faut dire aussi, et ce n'est pas anecdotique, que c'est dans
un café montréalais assez semblable à
celui où nous le rencontrons que l'auteur a écrit
ses toutes premières lignes d'écrivain, en 1999,
lui qui était alors légiste et professeur de
droit. Un sourire aux lèvres, il raconte qu'il sortait
alors d'une douloureuse rupture:
"L'écriture
a vraiment aidé au processus
de guérison, et cela, je l'ai su quand,
dès que j'ai écrit ces premières lignes,
je l'ai presque senti physiquement. "
Huit
romans, des prix prestigieux et un nom d'écrivain confirmé
sous son bras, Philippe Besson est de retour à Montréal,
avec dans sa valise Se résoudre aux adieux, roman épistolaire,
écrit entièrement à la première
personne, une histoire d'abandon et de guérison, reflet
au féminin de sa propre blessure, maintenant bien refermée:
"Pour
me protéger, pour ne
pas que l'on me reconnaisse, j'ai choisi
de me cacher derrière Louise, cette
femme qui vit une rupture. "
De
son style élégant, que l'on sent hérité
de certains des plus grands parmi les écrivains français,
l'auteur nous touche avec un sujet universel. Il nous invite
à devenir cette Louise qui vogue de port en port, de
La Havane à Ground Zero et jusqu'aux luxueuses banquettes
de l'Orient express, et qui écrit à l'amant
renégat, mais surtout à elle-même, dans
un long processus de guérison, une autopsie de la relation
défunte qui lui ouvrira les portes d'un nouvel amour.
Se
réinventer
Celui
qui admet être un romantique dans l'âme sait donner
chair à des sentiments communs à tous, hommes
et femmes: le désespoir, la quête de sens, le
désir de renaître à l'amour.
Se
résoudre aux adieux est un livre de joie, explique-t-il,
qui commence dans la douleur, mais se termine sur l'espoir.
Mais, fidèle à lui-même, l'écrivain
se réinvente. Son prochain roman sera complètement
à l'inverse: « C'est une histoire heureuse qui
finit mal », conclut-il avec un sourire.
N.
B.: Philippe Besson est aussi en visite pour l'adaptation
à la scène de son cinquième roman, Les
jours fragiles, dans une mise en scène de Denis Lavalou.
La pièce est actuellement présentée au
théâtre Prospero de Montréal.
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