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L'adieu
aux larmes
par Marianne Payot
Philippe Besson raconte le voyage de Louise pour vaincre sa
douleur après une rupture amoureuse. Avec une empathie
toute féminine
C'est une drôle de danse que cette valse aux adieux.
Le partenaire a fui. Seule reste sur la piste une jeune femme
qui vacille. Le corps se dérobe, la tête tremble.
Louise, c'est elle, s'évade à son tour. Il lui
faut quitter ce Paris hanté par Clément, l'homme
tant aimé. La Havane, New York, Venise... La valse
à l'envers pour oublier la trahison, et l'écriture
pour alléger la mémoire. De ces lointains, Louise
s'adresse à Clément, mais elle le sait bien:
«On n'écrit que pour soi. On prétend dialoguer
mais tout n'est que soliloque.»
Voilà la trame du dernier roman de Philippe Besson.
Un rien banal. Histoire classique, en effet, que cette rupture
amoureuse. Que cette femme revisitant ses souvenirs, heureux
et douloureux, analysant ses erreurs, décortiquant
le moindre détail. Et pourtant. Encore une fois, la
magie bessonienne fait mouche. Comme son héroïne,
l'auteur des Jours fragiles et d'Un instant d'abandon cisèle
le détail, ausculte les passions, trouve les mots justes.
Dans la chaleur cubaine - première étape de
l'impossible guérison - Louise raconte l'attente étouffante
à Paris, les sushis qu'on ne mange plus, le bus 92
qu'on ne prend plus, Barbara qu'on n'écoute plus...
de peur de raviver la blessure des instants partagés.
En Amérique, elle commence à comprendre ses
failles, sa naïveté. Dans la cité des Doges,
elle sombre de nouveau. Le salut ne viendra pas, bien sûr,
de cet «exil illusoire», mais de Vincent, l'avocat
sentimental, rencontré à Paris.
Fascinant Besson. Capable d'empathie absolue, d'investissement
total dans le «je» féminin. A croire que
l'homme quitté connaît les mêmes affres
que la femme...
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