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Un
pont trop loin
Il y a toute l’Italie dans ces pages. Ces eaux où tout
commence : sur l’Arno florentin où se faufilent et
clapotent le luxe bien-pensant des nouveaux Médicis, le rigorisme
hypocrite des nouveaux Savonarole, l’esprit de Pic de la Mirandole
… et la beauté insolente de Luca ! Il est mort et il
le sait, lui … Et il voit. Ce que d’autres ne voient
pas, ce que d’autres ne veulent pas voir, savoir, recevoir
: une vie !
Une vie italienne où la préférence des garçons
est un scandale historique qu’aucune «bonne famille»
n’ignore et pourtant n’assume ! Celle de Luca non plus
! Roman d’une vie trop brève; où l’Amour
a fleuri, a posé ses effluves vénéneux. Des
effluves de gare -celle de Florence- où échouent des
garçons de province, nés -au sud- des luttes ouvrières
où la virilité ne remet pas ses codes en cause. Des
gares -celles de Florence- où des garçons cherchent
des garçons, les emmènent et les gardent rarement
près de leur cœur. Et pourtant. C’est là
que l’amour se révèle à Lui. Et se révélera
encore à celle qui cherche à comprendre. Qui a cru
-jusqu’à la fin- être l’unique objet de
son attention, de son désir. Et qui comprend, avec la mort
et son cortège de doutes, qu'elle avait un |