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Terribles,
ces amants ! Pour
les milliers de lectrices & lecteurs de Elle le cadeau est bien
plus important encore qu’il n’y paraît. Avec cette
courte nouvelle inédite de Philippe Besson – Les
Amants- ils & elles possèdent entre les mains les
confessions intimes de l’écrivain, pour qui sait lire
entre les lignes. Et Philippe –qui se coule décidément
avec bonheur dans la peau et la plume d’une femme- nous livre
ici -entre lignes et filigranes- les clés essentielles et
les moteurs de son Art.
«
En réalité, les écrivains sont des voleurs.
Ils volent l’intimité de ceux qu’ils croisent
et en font le matériau de leurs livres. Tout ça n’est
pas très reluisant, quand on y songe. Si vous les admirez,
vous avez tort. Arrêtez tout de suite. »
Pilleur d’âme, Besson ? Oui, mais il en rend toute la
substance dans ce qu’il livre … Avec ce style
-simple et coulé à la fois- sollicitant le regard,
l’œil et l’imagination des |
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lecteurs
qui lisent cela caméra au poing. Avec l’angoisse bien ancrée
de ceux qui ont un jour –comme Philippe- choisi de quitter leur
vie rangée pour se livrer – corps et encres- au goût
du public. A la vindicte de certains échotiers aussi !
«
Le roman s’intitule « Les Yeux du Père ».On pourra
se le procurer en librairie à la fin août. Pas de jaquette,
pas besoin: son nom suffit. Pour l’heure, elle corrige ses épreuves,
fenêtres grandes ouverts sur le jardin. Elle sait que le livre existe
désormais, que rien ne pourra l’arrêter, que c’est
reparti pour la comédie.
En réalité, elle est impatiente de se retrouver dans la
fosse aux lions. Elle s’est accoutumée à la férocité,
aux sarcasmes. Plus de vingt ans que ça dure. Elle y a pris goût,
est armée pour lutter, sait déjà à qui elle
va déplaire (…)
Quelques-uns s’extasieront tout de même, presque en nombre
équivalent : elle a ses supporters. Ceux-là assureront qu’elle
est un monstre sacré, l’un des derniers, et qu’elle
parvient encore à sidérer, à se surpasser. Ils salueront
l’écriture ciselée, le mot très sûr,
les trouvailles géniales. Ce sera reparti pour la comédie.
Chacun y interprète son rôle. Il n’y a pas de mal à
ça. »
Aucun
mal, Philippe. Si ce n’est cette solitude existentielle de l’écrivain,
qui puise dans l’isolement -contraint, avoué et indispensable-
l’encre de nos désirs et l’évanescence des siens.
« Si elle est honnête, elle est disposée à
concéder un peu de paresse dans l’écriture. Mais elle
a une excuse : elle avait la tête ailleurs.
Elle se souvient qu’elle n’a jamais véritablement réussi
à écrire bien et à être amoureuse en même
temps (…)
Les hommes n’ont jamais supporté de ne pas passer en premier
dans sa vie. Ils ne sont jamais restés longtemps. Elle prétend
qu’elle s’en accommode. Mais a-t-elle le choix ? Quelle est
la part, au juste, de ce qui s’est imposé à elle ?
Il y a cela aussi : l’écriture ne dépend que de soi.
Et elle ne trahit jamais. »
Douloureuse
absence des hommes… Mais qui sait vraiment la part de l’intime
que l’écrivain livre –ou invente !- quand il fouille
et pille les âmes ? La sienne, par exemple …
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