 |
Sur
le front de l'amour
C’est
une « première plume », c’est-à-dire
une première œuvre de l’auteur Philippe Besson.
Et lorsqu’on dit « première » œuvre,
en général, on pense première à être
publiée après bien des hésitations, après
nombre d’autres textes déchirés ou enfouis dans
la malle aux «remords». Et bien, cette fois n’est
pas coutume puisqu’il s’agit rien moins que du premier
écrit réel -au plan littéraire j’entends-
de cette géniale intelligence jusqu’ici en sommeil.
Et quel essai ! Transformé en moins de deux, avec ce panache
et ce culot des débutants puisqu’il ose mettre en scène
l’icône par excellence de la «plume» gaye
: Marcel Proust. Himself !
En l’absence des hommes, un adolescent s’éveille
aux sens, à l’amour, à la fidélité
du cœur et à celle de l’esprit. Délicieusement
et malicieusement écartelé entre son Amour
-bref et intense jusqu’au souvenir de feu- pour son «guerrier
des tranchées» et son sen- |
|
|
timent pour l’aîné-initiant, ce
Proust arbitre des élégances.
Et il faut toute l’audace de l’auteur de caractère
pour doter Proust d’une Correspondance imaginaire et pourtant si
«réelle» qu’il ne l’eut probablement pas
désavouée…
En
l’absence des hommes, se déroule la vie de ces femmes
et de ces enfants, lourds de leur jeunesse et de leurs amours défuntes.
Qu’ils iront chercher, explorer, extirper et enterrer souvent jusqu’aux
tranchées de l’inhumain. Quelque part, là-bas, sur
la Somme ou à Verdun. Tranchées vives de ces jeunesses enfouies…
En l’absence des Hommes est un premier roman de plume,
fondateur d’un style. Un monde dont on revient «nourri»
d’Humanité, d’Humanisme, où la passion anoblit
les sentiments et où l’amour et la réalité
des sentiments transcendent les interdits sociaux, sexuels ou romantiques
!
Ce premier roman à obtenu le Prix Emmanuel
Roblès.
|