Le Coeur a ses raisons que la Raison ignore

dit-on et pourtant … Les coups de coeur d’un écrivain comme Philippe Besson tiennent autant de l’esprit que du sentiment. Il y aura ici à découvrir de la spontanéité et de la réflexion, de l’encre et du regard, du partage surtout ! Partager ce que l’on aime, découvre, surprend, apprécie est un régal à nul autre pareil qui réveille en nous le sens de l’Autre. Des regards et des coups de coeur échangés qui ne doivent rien (ou presque !) au hasard et qui s’encrent au plus profond de nous

 
 
     
   
 

Sur la pochette du disque, il est de profil, visage penché, et le regard tourné vers le sol. La photo est en noir et blanc. Il s’en dégage une tristesse légère, une gravité sans ostentation. Le temps n’est plus aux images saturées de lumières artificielles, aux spots en pleine figure. Ni aux mouvements amples de caméras et aux mises en scène alambiquées. Patxi en a bien fini avec la Star Academy, il vise désormais l’épure, la simplicité et ça lui va merveilleusement bien.
Près de trois ans se sont écoulés depuis ce soir d’août 2003 où la France découvrait sa voix un peu éraillée, ses origines basques et s’amourachait de ses airs d’oisillon tombé du nid. Trois ans pendant lesquels il a appris patiemment, humblement son métier, travaillé ses textes et ses musiques, quitté ceux qui lui tendaient un miroir aux alouettes et choisi ceux avec qui il inventerait la suite de l’histoire. Trois ans pendant lesquels il s’en est tenu à ses exigences initiales, repoussant les fausses bonnes idées, s’épargnant les concessions douloureuses.
Aujourd’hui, il nous propose un album qui lui ressemble : à la fois tendre et mélancolique, joliment intitulé « S’embrasser ». Il y raconte sa nostalgie des origines, le doux regret de ce Pays Basque où il aimerait revenir plus souvent. Il évoque ceux qui ne sont plus là et qui lui manquent. Il s’efforce de croire que, « la main dans la main, on continue la vie ». Il dit les amours fragiles ou éternelles, qui sont parfois les mêmes.
Ses accords de guitare sont sobres et c’est pour cela qu’ils touchent au cœur. Patxi a compris qu’il valait mieux murmurer pour être entendu : car ainsi, les gens sont obligés de tendre l’oreille. Il sait à l’occasion trouver des notes déchirantes qu’il corrige presque aussitôt par des mots charmants. Ou le contraire : confesser une douleur sur des airs entraînants. « C’est douloureux de vouloir être heureux », confie-t-il, sans s’attarder.
Sans doute relèvera-t-on ici ou là, au fil des mélodies, les influences de Raphaël ou des Innocents. On ne s’en plaindra pas. On remarquera aussi que Louis Chedid et Pierre Souchon ont fait un bout de chemin avec lui. Mais, à la fin, Patxi est d’abord lui-même, auteur, compositeur et interprète de ses chansons. Il envoie des billets doux, des lettres affectueuses. Vous devriez être nombreux à les lire. Et à vous y reconnaître.
"S'embrasser" (Atmosphériques/Universal). Tournée en novembre.