Sur
la pochette du disque, il est de profil, visage penché,
et le regard tourné vers le sol. La photo est en
noir et blanc. Il s’en dégage une tristesse
légère, une gravité sans ostentation.
Le temps n’est plus aux images saturées de
lumières artificielles, aux spots en pleine figure.
Ni aux mouvements amples de caméras et aux mises
en scène alambiquées. Patxi en a bien fini
avec la Star Academy, il vise désormais l’épure,
la simplicité et ça lui va merveilleusement
bien.
Près de trois ans se sont écoulés depuis
ce soir d’août 2003 où la France découvrait
sa voix un peu éraillée, ses origines basques
et s’amourachait de ses airs d’oisillon tombé
du nid. Trois ans pendant lesquels il a appris patiemment,
humblement son métier, travaillé ses textes
et ses musiques, quitté ceux qui lui tendaient un
miroir aux alouettes et choisi ceux avec qui il inventerait
la suite de l’histoire. Trois ans pendant lesquels
il s’en est tenu à ses exigences initiales,
repoussant les fausses bonnes idées, s’épargnant
les concessions douloureuses.
Aujourd’hui, il nous propose un album qui lui ressemble
: à la fois tendre et mélancolique, joliment
intitulé « S’embrasser ». Il y
raconte sa nostalgie des origines, le doux regret de ce
Pays Basque où il aimerait revenir plus souvent.
Il évoque ceux qui ne sont plus là et qui
lui manquent. Il s’efforce de croire que, «
la main dans la main, on continue la vie ». Il dit
les amours fragiles ou éternelles, qui sont parfois
les mêmes.
Ses accords de guitare sont sobres et c’est pour cela
qu’ils touchent au cœur. Patxi a compris qu’il
valait mieux murmurer pour être entendu : car ainsi,
les gens sont obligés de tendre l’oreille.
Il sait à l’occasion trouver des notes déchirantes
qu’il corrige presque aussitôt par des mots
charmants. Ou le contraire : confesser une douleur sur des
airs entraînants. « C’est douloureux de
vouloir être heureux », confie-t-il, sans s’attarder.
Sans doute relèvera-t-on ici ou là, au fil
des mélodies, les influences de Raphaël ou des
Innocents. On ne s’en plaindra pas. On remarquera
aussi que Louis Chedid et Pierre Souchon ont fait un bout
de chemin avec lui. Mais, à la fin, Patxi est d’abord
lui-même, auteur, compositeur et interprète
de ses chansons. Il envoie des billets doux, des lettres
affectueuses. Vous devriez être nombreux à
les lire. Et à vous y reconnaître.
"S'embrasser" (Atmosphériques/Universal).
Tournée en novembre.